Samantha van Wissen est seule sur scène. Violon, harpe, flûte et saxophone: elle est toutefois accompagnée en arrière-plan de quatre musiciennes pour produire un spectacle totalement décalé et joyeux, en comparaison du ballet imaginé au 19e siècle.
Posons le décor : Giselle est un ballet romantique composé par Adolphe Adam qui a été joué pour la première fois en 1841 à Paris, dans la plus pure tradition de la danse classique avec tutus et pointes. Brièvement résumé, le livret raconte l’histoire d’une paysanne en quête d’un amour impossible, qui finira par la faire mourir.
Samantha van Wissen s’empare à sa manière du scénario avec la complicité de son metteur en scène, le Fribourgeois François Gremaud. Giselle devient Giselle…: «Les trois petits points sont importants», fait remarquer Samantha van Wissen, en ouverture de son spectacle. Ses premiers mots, dégagés avec légèreté, prêtent déjà au sourire.
La quinquagénaire néerlandaise ne possède pas la plastique parfaite, ou plutôt standardisée, de la danseuse classique. Elle monte sur scène en training et en baskets. C’est déjà une façon d’ironiser sur la rigidité du ballet classique. Et justement, elle ne se contente pas de danser, elle joue, mime et raconte: «C’est une interprète très douée, une actrice aussi», s’enthousiasme Maryse Fuhrmann, co-directrice des Jardins musicaux : « Elle apporte un regard d’aujourd’hui sur une œuvre ancienne jouée à de multiples reprises ».
Maryse Fuhrmann parle aussi d’une interprétation magnifique de la part des quatre musiciennes: «Au centre de ce spectacle, il y a surtout le plaisir», conclut-elle. Elle était allée visionner Giselle… pour la première fois avec son complice de toujours Valentin Reymond. Le directeur de l’orchestre des Jardins musicaux avouait une certaine retenue à l’idée de l’accompagner, jugeant la danse classique trop…classique à ses yeux. C’était au Théâtre du Passage, à Neuchâtel. Il dit en être ressorti complètement bluffé: «C’est l’un des plus beaux spectacles que j’ai vu de ma vie». Et d’ajouter avec sa verve habituelle: «Samantha van Wissen porte un regard critique sur le ballet classique, mais elle nous aide aussi à mieux en comprendre la gestuelle». La Néerlandaise aux multiples talents apporte une touche différente dans un milieu qui peut paraître figé par son classicisme, tout en jouant avec les émotions. /man
Gisèle…: c’est mardi 25 et mercredi 26 août à la Grange aux concerts de Cernier. Informations et billetterie: www.jardinsmusicaux.ch
Légendes des photos
- Samantha van Wissen est plus qu’une danseuse de ballet (photo Dorothée Thébert Filliger).


























