Tailleur de pierre, poseur de pierres, marbrier, paveur: l’origine de ces métiers remonte à la nuit des temps. Malgré une mécanisation sans cesse croissante, ces professions existent toujours et débouchent sur l’obtention d’une attestation professionnelle fédérale ou d’un CFC ad hoc. De l’avis même de la directrice de Capa’cité, Sandrine Ambigapathy, aucun métier ne disparaît. Mais la majorité des filières s’affinent et donnent lieu à des spécialisations qui n’existaient pas auparavant. La profession d’horloger offre par exemple de nombreuses orientations. Sans être exhaustif, il est possible de devenir cadranographe, designer d’objets, graveur, ingénieur industriel, responsable d’atelier ou encore opérateur en horlogerie.
Le salon neuchâtelois sert aussi à mettre en vitrine des professions méconnues ou très anciennes: «Il y a des techniques qui n’ont pas changé. Elles reposent sur un savoir-faire qui s’est transmis de génération en génération. Leurs artisans en sont fiers», se réjouit Sandrine Ambigapathy. Responsable du pôle «bâtiment et construction», l’un des six quartiers de Capa’cité, Grégory Aellen se dit très attaché à la visibilité qu’offre l’événement: «Les tailleurs de pierre sont par exemple de plus en plus demandés pour la restauration des vieux bâtiments. Les machines, même sophistiquées, ne les remplaceront pas. La construction des vieux murs (ndlr: poseur de pierre) est aussi en plein essor».
Travailler la pierre de manière artisanale reste d’actualité. A Cernier, sous l’une des tentes dressées à Evologia, Marco Bally – 21 ans – se livrait à des démonstrations de pavage. Cette spécialisation entre dans le cadre de son apprentissage de constructeur de routes: «C’est un métier très vieux. Il y a des paveurs qui paraissent complètement fous dans leur tête. Ils réussissent à former des dessins incroyables», relate l’apprenant. Il suffit parfois de baisser les yeux sur une rue pavée pour s’en rendre compte.
Capa’cité suscitera-t-il des vocations pour ces professions méconnues ou anciennes auprès des 5'500 écoliers et écolières neuchâtelois qui ont arpenté les 12'000 mètres carrés de surface d’exposition? D’une manière générale, Grégory Aellen avoue que, dans le domaine de la construction, le recrutement n’est pas aisé. La pénibilité du métier est souvent avancée et crainte. Son apprenti, Marco Bally, nuance ce discours: «Aujourd’hui, la mécanisation nous aide énormément. On ne porte plus de charges lourdes. Et puis regardez mes genouillères intégrées à mes pantalons de travail, c’est de l’ultraconfort».
Après avoir réussi son CFC d’électricien de réseau, Marco Bally enchaîne son second apprentissage. Il envisage ensuite de poursuivre des études d’ingénieurs. Lui qui s’ennuyait à l’école obligatoire à trouver une source de motivation et de persévérance.
C’est peut-être une leçon à retenir de cette dixième édition de Capa’cité, qui s’est tenue à Cernier: l’école obligatoire est une chose; la vie professionnelle en est une autre qui, en Suisse, offre énormément d’opportunités. À condition d’en prendre connaissance et de vouloir les saisir. /man


























