France Giovannoni-Berset, Luciano Patrizi, Regina Gafner et Béatrice Leu-Racine possèdent au moins trois points communs: ils sont tous artistes-peintres, ils sont domiciliés au Val-de-Ruz et ils présentent tous les quatre une partie de leurs œuvres à la galerie du Music Art Palace de Dombresson jusqu’au 22 novembre. On rajoutera encore un quatrième point qui les réunit: ils se sont déjà tous faits un nom au cours de nombreuses expositions.
Ils se démarquent en revanche sur un autre aspect, essentiel: leur création s’inspire de techniques de travail bien différentes.
Luciano Patrizi est peut-être celui qui demeure le plus classique, ce qui ne déprécie pas pour autant la qualité de son travail. Domicilié à Fontaines, cet ancien dessinateur en bâtiment peint à l’huile, uniquement des paysages du Val-de-Ruz. Il manie ses pinceaux presque tous les jours: «Cela a tendance à énerver ma femme parce que je ne sais plus trop où mettre mes tableaux», rigole cet Italien d’origine qui a débarqué en Suisse alors qu’il avait 14 ans.
Béatrice Leu-Racine, elle, présente une peinture plus abstraite, réalisée à l’huile sur des toiles carrées. Et elle accorde beaucoup d’importance à cette géométrie: «Avec un carré, on peut partir des quatre angles. On est moins conditionné par l’espace et je peux même tourner ma toile si je le désire», décrit-elle. L’habitante de Cernier avait suivi une formation de graveuse sur métaux avant de travailler comme illustratrice aux services archéologiques de Neuchâtel et de Bienne: «Je dessine beaucoup. J’ai toujours adoré cela».
France Giovannoni-Berset s’exprime dans un registre plus particulier, qui lui est propre. Elle a dû renoncer à la gravure: ses mains ne répondaient plus comme elle l’aurait souhaité. Elle s’est tournée vers un autre moyen d’impression, le monotype (dessin sur plaque de verre ou plastique avant d’y appliquer une feuille de papier). Et surtout, elle complète chacune de ses créations avec une figurine suspendue au tableau par des fils: «C’est mon idée. Ces personnages sont faits de fil de fer, de pâte de bois et de terre. Ils expriment une manière de rebondir face au délabrement du monde».
Regina Gafner a suivi un parcours similaire à France Giovannoni-Berset. Domiciliée elle aussi à Dombresson, elle a commencé par la gravure pour se tourner aujourd’hui vers une technique mixte monotype et collage: «Je fais ce que j’ai envie », raconte cette alerte octogénaire à l’accent légèrement teinté de suisse allemand: «Cela fait 50 ans que je suis ici. Je viens de Romanshorn et j’ai suivi mon mari au Val-de-Ruz». Regina Gafner dessine également beaucoup: «J’ai souffert très tôt de la polyarthrite. La peinture agit comme médicament». /man


























