L’anniversaire n’est pas anodin: implanté aux quatrième et cinquième étages de la tour du centre collecteur des Hauts-Geneveys, le Moulin de la famille Tock fonctionne depuis maintenant 20 ans. Gérald s’en souvient comme si c’était hier: «Il a tourné pour la première fois le 16 août 2006, c’était un dimanche». A l’époque, Gérald Tock s’était mis en tête de fabriquer de la farine panifiable d’origine locale; il en demeure d’ailleurs l’unique producteur du canton. Il avait monté à cet effet ses propres installations. La machinerie a pris de l’âge, «elle date des années cinquante», mais elle fonctionne toujours. «Ma farine est garantie sans ajouts, ni de gluten ni d’acide ascorbique», insiste le meunier vaudruzien, dont la production annuelle (soit quelque 360 tonnes) équivaut à la production quotidienne des grandes minoteries suisses.
Gérald Tock fait donc figure d’artisan. De petit poucet. Il est toutefois parvenu à développer sa meunerie qui comprend aujourd’hui sept collaborateurs. Enfant de Valangin, il a encore repris le moulin de son village, dans lequel il a travaillé très tôt, il y a six ans: «Nous y traitons différentes céréales comme le maïs, le triticale ou l’orge uniquement pour le fourrage. Nous faisons aussi des granulés pour le bétail selon nos propres recettes». Cette acquisition a donné une nouvelle impulsion à son entreprise dont la raison sociale est «Le Moulin de Valangin Sàrl».
Et surtout, Gérald Tock n’est pas tout seul. C’est en priorité une histoire de famille. Son épouse Gisèle figure parmi les sept collaborateurs et collaboratrices de l’entreprise au même titre que ses deux fils. «Je suis au four et au moulin», se plaît-elle à dire. Le fils aîné du couple, Romain, est mécanicien sur machine agricole. Il intervient en cas de panne et de révision et il a contribué à mettre en fonction les installations de Valangin. Le fils cadet, Quentin, vient d’obtenir son CFC de meunier: «J’ai toujours aimé ce contact avec le grain. Quand on voit comment le grain de blé est transformé en farine fleur, c’est magique». Après avoir terminé meilleur apprenti de Suisse de sa volée, il a été invité à poursuivre sa formation (un brevet) dans une école spécialisée de St-Gall. «Je dois encore apprendre l’allemand», grimace-t-il.
A 59 ans, Gérald Tock se réjouit de constater que la succession est assurée. Il se dit prêt à passer la main lorsque le moment sera venu. En tous les cas, après 20 ans d’activités aux Hauts-Geneveys, il a su transmettre la passion d’un métier qui se perd en Suisse. /man
- Gérald, Quentin, Christine (manque Romain): l’ensemble de la famille Tock met la main à la pâte aux Moulins des Hauts-Geneveys et de Valangin.
- La machinerie date des années cinquante, mais elle fonctionne.

























