Voilà trois mâles et quatre femelles qui ne passent pas inaperçus. Après avoir estivé sur les crêtes du Mont-Racine, les sept yacks de Maude Weisshaupt sont redescendus de la montagne. Ils vont bientôt rejoindre leur loge d’hiver au-dessus des Geneveys-sur-Coffrane. Ils sont arrivés au Val-de-Ruz «le 16 mai 2024», se souvient avec précision leur propriétaire, qui est tombée amoureuse de ces animaux. Un vrai coup de foudre.
Maude Weisshaupt n’est pas près de s’en séparer. Elle considère ses protégés comme des animaux de compagnie, même si ceux-ci sont bien plus encombrants que des chats.
En trois questions, cette Vaudruzienne d’adoption détaille le sens de sa démarche qu’elle puise au fond d’elle-même. Cela tient du mysticisme.
En trois questions
Qu’est-ce qui vous a incité à acquérir des yacks?
On m’avait proposé de faire un trek de cinq jours en Valais en compagnie d’un troupeau de 16 yacks. C’était une découverte. Le mâle Tsongpo, que j’ai acquis par la suite, a ouvert son cœur. Je suis restée une vingtaine de minutes couchée sur son flanc. Par la suite, j’ai écrit une lettre à l’éleveuse pour lui faire part de mon ressenti. L’histoire a débuté ainsi.
On se demande ce qu’il faut penser de ce ressenti qui tient presque du mystique?
Une connexion impossible à expliquer est née. L’animal est venu chercher quelque chose à l’intérieur de moi. Mes yacks, c’est ma famille, ma tribu. Ils m’incitent à vivre le moment présent. Et cela fait du bien. C’était devenu comme une évidence, silencieuse: c’est avec eux que je souhaitais cheminer.
Et qu’en est-il de l’avenir? Allez-vous conserver longtemps ce troupeau?
Je ne les élève absolument pas pour la viande. Je récupère uniquement leur laine que je donne à deux fileuses de la région. Je souhaiterais organiser des balades ou même des treks de plusieurs jours entre le Mont-Racine et le Parc Chasseral. C’est de la musique d’avenir avec toutes les contraintes que cela imposerait. Notamment pour mettre en place des bivouacs.
Encadré
Un autre animal? « Mon chien Marley. Je n’ai pas choisi ce prénom par hasard ».
Une musique? « Bob Marley bien sûr. Je l’écoutais déjà petite avec mon papa ».
Une autre passion? « C’était la moto. Je ne regrette pas d’avoir abandonné ».
La nature? « C’est ma maison. C’est là que je me sens chez moi ».


























