Une buvette d’alpage plantée à 1370 mètres d’altitude sur les crêtes, entre Tête de Ran et le sommet du Mont-Racine: c’est aux Pradières-Dessus. Elle est ouverte à tous les amoureux du coin. Si le bâtiment appartient à l’armée, il est loué par l’association des Amis du Mont-Racine. Il est possible de s’y sustenter les week-ends de mai à octobre ainsi que de janvier et février grâce à la présence de gardiens bénévoles.
L’histoire de cette buvette remonte aux années cinquante, à l’époque où les militaires avaient acquis l’essentiel de cette région des crêtes, bien préservée, en vue d’y implanter une importante place d’armes et même, semble-t-il, une base de lancement: «La résistance de la population ainsi que la clairvoyance de Max-Henri Béguin ont permis de freiner ces ardeurs», résume Claude Roulet, le président de l’association.
Pédiatre chaux-de-fonnier, Max-Henri Béguin était bien connu pour son engagement antimilitariste et son combat pour la sauvegarde de l’environnement. Sous son impulsion, les citoyens neuchâtelois avaient accepté, en 1966, le décret cantonal portant sur la protection des crêtes. Cette décision freinait les ambitions de l’armée: «Aujourd’hui, cette dernière occupe toujours le site, mais ses exercices sont limités à des zones bien précises qui n’empiètent d’ailleurs pas sur le sentier des grandes randonnées». Le sentier principal mène de Bâle à Genève par les crêtes du Jura.
Claude Roulet parle d’une cohabitation de très bon voisinage. L’association des Amis du Mont-Racine paraît surtout investie d’une mission de préservation de ces pâturages jurassiens et de leurs beautés naturelles, dans une région difficilement accessible autrement qu’à pied, entre Tête de Ran et le plus haut sommet du Val-de-Ruz, et même du Canton: Le Mont-Racine, qui culmine à 1439m d'altitude. L’Association avait notamment contribué à la reconstruction de murs en pierres sèches avec la collaboration de réfugiés qui avaient été hébergés durant une saison aux Grandes Pradières. Elle maintient la tradition d’accueil des randonneurs, en leur proposant une petite restauration le week-end. Elle soutient une étude du Jardin botanique de Neuchâtel qui se penche sur la végétation sensible des Crêtes. Elle anime également une fête d’été: tailleur de pierre, fileuse de laine, forgeron, brasseur de bière se sont déplacés à la loge des Pradières-Dessus les 20 et 21 juin dans une ambiance de chalet de montagne. Entre troupeaux de vaches et sept yacks en estivage, bienvenue sur les crêtes du Jura ! /man
- – avec deux photos
- La soupe du chalet mijotait dans le chaudron (photo pif).
- Frédérique Steiger était au rouet dans la loge (photo pif).


























